Un théâtre que je souhaite accessible à tous

Depuis mon arrivée au Théâtre du Rideau Vert, j’ai toujours souhaité vous offrir un théâtre captivant et vivant, car il évolue nécessairement avec son temps et ceux qui le façonnent.

© Dominic Gouin

Chers spectateurs,

Il y a maintenant un an, nous nous apprêtions à vous offrir cette pièce avec fébrilité et joie, mais le soir même de la générale, nous apprenions qu’il nous fallait battre en retraite à cause de la pandémie et fermer trois jours plus tard. Fermeture de tous les lieux de rassemblement, retour au confinement et même couvre-feu ! Des mesures bien connues de tous ceux qui ont vécu des épidémies et des guerres.

Bien que nous ne puissions pas encore brandir le V de la Victoire face à ce virus, nous ne nous avouons pas vaincus et récidivons avec cette pièce qui se déroule durant la Deuxième Guerre mondiale, mais qui curieusement nous rejoint intimement. Ne vous étonnez pas si certaines notions, telles que « périmètre de visibilité » ou « réclusion forcée », vous semblent plus familières… C’est un réflexe naturel de ramener les situations à ce que l’on vit et ça permet d’établir un lien plus viscéral avec le passé.

La crise actuelle ne se compare pas aux horreurs des guerres, mais il est une chose qu’elle partage avec elles : le rappel de notre fragilité. C’est là que les mots de ce cher Monsieur Haffmann prennent tout leur sens : « Faisons en sorte que le courage soit plus fort que la peur ! ». Et ce courage, allons le puiser dans la présence nécessaire des autres.

Je vous souhaite une excellente soirée.

DF-signature
Denise Filiatrault