Une journée particulière
26.02.85 24.03.85

Une journée particulière

  • Une pièce de

    Ettore Scola

  • Adaptation théâtrale

    Ruggero Maccari

    Gigliola Fantoni

  • Traduction

    Roland Lepage

  • Mise en scène

    Guillermo de Andrea

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938, Rome est en liesse. Un homme et une femme trouvent, l’espace d’une journée, l’espoir et l’oubli. La rencontre de ces deux solitudes sous l’ère du fascisme triomphant. L’amour-tendresse entre un homosexuel et une femme au foyer. D’après le film du célèbre réalisateur italien.

Avec Une journée particulière, Scola fait un bond en avant en épurant sa matière et en concentrant son objectif sur de petits faits quotidiens qui prennent une valeur emblématique. Dans cette brève histoire d’amour ou plutôt dans cette brève rencontre entre deux êtres que leur nature de femme et d’homosexuel condamne à l’exclusion et à l’enfermement – d’ailleurs, comme le note Scola, en n’allant pas à la journée historique de la visite d’Hitler à Rome, Gabriele et Antonietta sont en punition et sont tenus éloignés de l’enthousiasme collectif : « ils sont les deux réprouvés, les deux “méchants” qui sont punis : dehors c’est la joie, c’est la fête. Eux, ils doivent rester dans la cellule d’isolement. Ils sont les deux personnes qui se sont trompées, l’un volontairement, avec sa nature et donc aussi avec sa conscience, l’autre involontairement avec son état de servante, d’esclave. » —, Scola poursuit et développe son discours sur le fonctionnement de l’idéologie dominante qui vise à éliminer les êtres « différents ». Par là peut se comprendre le choix de situer l’action pendant la période fasciste, c’est à dire à un moment où les phénomènes d’exclusion politique, économique, morale, fonctionnent encore plus à découvert qu’aujourd’hui et ont acquis la valeur exemplaire que permet le recul historique : le décalage rend intelligible ce qui parfois ne l’est pas à l’instant où nous le vivons.

Une des qualités fondamentales du film de Scola réside en effet dans sa dualité, dans son aptitude à être à la fois un film « historique », un film dans lequel est analysée avec précision une certaine situation soigneusement datée – cette « journée particulière » du 6 mai 1938 – et en même temps un film « actuel » : le film ne se clôt pas sur un passé révolu mais nous interroge sur ce que peut être maintenant la situation de la femme et de l’homosexuel, même si les unes ne sont plus condamnées à la procréation ni les autres envoyés en résidence surveillée.

Scola met à nu dans Une journée particulière les structures mentales qui portent à l’exclusion de tous ceux qui ne correspondent pas aux normes, de tous ceux qui sont jugés inférieurs. Là se trouvent les racines de tous les processus de marginalisation, d’enfermement autoritaire des êtres dont la dignité est bafouée et dont l’humanité même est niée.

* L’action se déroule à Rome le 6 mai 1938.

**Les rôles des garçons étaient joués en alternance. Fabio, soit par Jean-François Charbonneau, soit par Boris-Alexandre Viau, et Littorio, soit par François Gagné, soit par Patrick Demers.

*** En coproduction avec le Théâtre du Trident.

Mise en Scène

  • Guillermo
    de Andrea

Distribution

  • Jean
    Besré
  • C Martin Laprise
    Marie
    Tifo
  • Geneviève
    Angers
  • C Roger St-Jean
    Françoise
    Berd
  • Jean-François
    Charbonneau
  • C Daniel Daigneault
    Stéphan
    Côté
  • Patrick
    Demers
  • Jean-Jacques
    Dugas
  • François
    Gagné
  • C André Panneton
    Maryse
    Gagné
  • C Tzara Maud
    Louis-Georges
    Girard
  • Yvon-Max
    Pagé
  • C Pascale Lévesque
    Jean
    Petitclerc
  • C Guy Dubois
    Boris-Alexandre
    Viau
  • Un texte de

    Ettore Scola

  • Adaptation théâtrale

    Ruggero Maccari et Gigliola Fantoni

  • Traduction

    Roland Lepage

  • Mise en scène

    Guillermo de Andrea

  • Concepteurs

    Décors YVAN GAUDIN Costumes FRANÇOIS BARBEAU Éclairages MICHEL BEAULIEU Accessoires LUC RONDEAU Bande sonore ROBERT CAUX Perruques DONNA GLIDDON

  • Graphisme

    Gérald Zahnd

  • Photos de production

    © Guy Dubois